Premières rencontres du 5e pouvoir
Je me suis rendu samedi à l'Usine à Saint-Denis, à coté du grand stade, pour assister aux premières rencontres du 5e pouvoir organisées par Agoravox. Beaucoup de monde, essentiellement des blogueurs et des rédacteurs d'Agoravox. Quelques journalistes "professionnels" en fond de salle... Ambiance sympathique, discours assez libre avec comme toujours une tendance à la monopolisation de la parole par les plus motivés. A noter la présence dans le premier débat de l'après-midi de deux sympathiques représentantes du parti socialiste et de l'UDF, dont une, Quitterie Delmas, qui participe activement à la création du buzz sur internet autour de la candidature de François Bayrou. Première constatation, le 5e pouvoir est encore racinaire mais il s'organise, deuxième constatation, il ressemble beaucoup au 4e mais est structuré différemment. Ce point me semble d'ailleurs être le plus délicat : une nouvelle structure médiatique d'organisation non pyramidale peut-elle se pérenniser ou va t'elle peu à peu se transformer en structure médiatique classique ? Pour le formuler autrement, l'apparition de nouvelles technologies d'information et de communication permet-elle l'émergence de nouveaux acteurs médiatiques venus concurrencer les médias traditionnels sur leur terrain ou permet-elle l'apparition de nouveaux médias fondamentalement différent des anciens ? Si l'on y regarde de prés, en tout cas tel que je l'ai fait dans une publication, la frontière est ténue, la limite délicate, entre ces deux inclinaisons. Car la tendance naturelle de l'homme est toujours de s'approprier le pouvoir pour étendre le champ de son influence et par là même générer de la reconnaissance à son égard, et donc, du plaisir. Hors, ce phénomène est forcément défavorable au progrès du plus grand nombre puisqu'il a pour conséquence l'inhibition d'une grande partie de la masse pensante (je n'aborderai pas ici son rôle social historique de rempart contre les situations chaotiques). Pour aller contre cette tendance (sans tomber dans le chaos), il faut donc créer des règles strictes qui contraignent le système à obéir à une logique plus collaborative et participative, ce qui correspond à une organisation "à tendance" réticulaire.
La couverture du livre qui regroupe diverses contributions de rédacteurs d'Agoravox à l'occasion de la présidentielle 2007 nous montre deux pyramides, une classique, et l'autre inversée. C'est une version du "one to many" ou "many to one", illustrant bien le fait qu'avec les médias 2.0, l'ensemble des individus peut s'adresser à un seul, au lieu que cela soit le contraire. Cependant, cette représentation me semble ambigüe. Elle laisse à penser que l'ensemble des individus, qui détiendrait désormais le pouvoir des médias 2.0, aurait comme objectif informationnel une ou quelques personnes en particulier. On pourrait par exemple en conclure que le peuple à quelque chose à dire au Président de la République, et qu'avec le Web 2.0, c'est devenu possible ! Je l'espère. Cependant, il me semble que l'objectif des médias participatifs et justement de faire éclater la structure pyramidale, inversée ou non. Autrement dit, tout le monde s'adresse à tout le monde, il n'y a donc plus de haut ni de bas, comme dans une structure réticulaire, dite aussi en rhyzome. Et c'est bien le cas d'internet, du moins jusqu'a présent.. Bon, tout ça pour dire que cette pyramide inversée ne me plaît qu'a moitié.
A part cela, après-midi très riche, notamment sur la présidentielle désormais omniprésente sur internet. j'ai noté une forte occurence du nom de François Bayrou.. la Web sphère aurait-elle trouvé son candidat ? A voir, mais si l'on en croit la blogopole, l'UDF associé à CAP 21 totaliserait d'avantage de sites que l'UMP qui a pourtant mis les gros moyens. Le site www.votez2007.com confirme d'ailleurs cette hypothèse d'une communauté internet francophone plutôt centriste. A suivre.

Commentaires