Agoravox propose d'organiser une débat sur internet entre les candidats à la Présidentielle
Le média participatif a lancé le 5 avril une proposition de débats avant le premier tour entre les principaux candidats à la Présidence de la République Française. Les "principaux candidats" sont ceux considérés comme ayant une chance de gagner l'élection présidentielle. Il s'agit donc des quatre premiers des sondages. Pourtant, si l'on y regarde de prés, un de ces quatre candidats ne peut pas gagner, bien qu'il ait de bonne chance d'aller au second tour puisqu'il l'a déjà fait en 2002. Il ne peut pas gagner car il ne peut pas structurellement rassembler suffisamment de votes vis à vis de n'importe quel autre des trois candidats. Inversement, plusieurs candidats qui n'ont aucune chance de passer au deuxième tour pourraient pourtant gagner l'élection présidentielle s'ils étaient présents au deuxième tour. Paradoxe du système ? C'est une question qui vaudrait d'être posée aux spécialistes des sciences politiques.
Quoi qu'il en soit, la proposition d'Agoravox soulève à nouveau une des spécificités d'internet en tant que média : il n'est pas soumis à une autorité supérieure de régulation comme c'est le cas pour tous les autres grands médias. C'est à la fois un point positif car contrôler internet comme la télévision reviendrait à y interdire toute expression n'émanant pas d'organismes professionnels d'information. Et un point négatif puisqu'il est facile d'y détourner des lois censées garantir l'équité ou dans certains cas la morale publique.
Mais la proposition d'Agoravox a un sens, en effet, pourquoi avoir présenté les débats entre candidats comme essentiels à une période ou leurs programmes n'étaient pas toujours encore clairement définis et les interdire au moment ou justement toute l'attention du public est focalisée sur l'évènement à venir ?
Cette problématique double, à laquelle aucune réponse simple ne peut être donné, soulève non seulement le problème récurrent de la régulation d'internet mais par effet de rebond celui de la régulation des autres médias, pris avec les années dans un carcan régulateur excessif qui leur ont enlevé toute fraîcheur dans leur relation à l'actualité. Très fréquent voici encore une quinzaine d'année, le "direct" télévisuel est aujourd'hui chose plutôt rare et même lorsqu'il est annoncé, une quinzaine de seconde de décalage permettent le cas échéant de censurer telle ou telle image ou parole dérangeante.
Sous cet angle, le rêve d'une démocratie directe s'éloigne, puisque le rapport entre les citoyens et l'information est de plus en plus soumis à un tampon normatif destiné à lisser les évènements. C'est d'ailleurs la source principale du succès d'internet, un média neuf, qui n'a pas encore eu le temps d'être instrumentalisé et formaté par un pouvoir trop centralisé.

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